La solution d’accès à l’énergie élaborée par l’entreprise française Benoo Energies fait la preuve de son adaptabilité en Afrique de l’Ouest. Si les projets réussissent, c’est aussi parce que Benoo travaille en tandem avec des acteurs locaux, essentiels dans la compréhension des enjeux et dans la mise en œuvre. Explications avec Vincent Renaud, CDO (Chief Development Officer) de Benoo.

Quels sont les facteurs de réussite d’un projet d’accès à l’énergie en Afrique de l’Ouest ? Vincent Renaud, directeur du développement de Benoo Energies, en cite trois : la connaissance du terrain, un modèle technique et financier viable et un cadre juridique adapté.

L’approche Benoo permet de maîtriser l’environnement et la connaissance du terrain, facteur-clé de la réussite.

La solution technique et le modèle financier de Benoo ont fait leurs preuves. Reste le cadre légal, qui demeure un challenge pour tous les projets. Benoo est aussi bien positionné sur ce point, du fait de sa connaissance fine des acteurs.

Quel est le contexte légal idéal ? “Une exemption des droits de douane pour l’énergie solaire et la possibilité de distribuer l’énergie. Sinon, l’électricité n’est pas accessible en prix et la seule solution alternative à la distribution est l’autoconsommation, forcément limitée”, explique Vincent Renaud.

L’entrepreneur du développement est le porteur du projet

Pour ses projets, Benoo s’appuie systématiquement sur un binôme. Une ONG (Organisation non gouvernementale), présente souvent depuis 10 ou 20 ans dans le pays, que Vincent Renaud préfère nommer “entrepreneur du développement”.

“Le terme ONG est un peu fourre-tout. Nous avons besoin d’un client partenaire focalisé sur un projet social clairement défini, avec une vraie ligne de conduite.”

Au Togo puis au Burkina Faso, Benoo a trouvé ce partenaire indispensable. Un acteur qui s’attache à structurer des chaines de valeur, agroalimentaires principalement, ou du service de l’eau. “Ces structures sont gérées comme des entreprises et leur finalité est la même que celle de Benoo Energies : le développement socio-économique local.”

A ces acteurs “historiques” du développement, Benoo apporte ce qu’ils n’ont pas pour l’énergie : son savoir-faire technique et financier.

Charge à nous de déshabiller nos préjugés pour accéder à une analyse fine 

L’expérience locale de l’entrepreneur du développement est précieuse à plus d’un titre. Outre la possibilité de capter des financements publics locaux, la structure a notamment la capacité d’emmener Benoo dans les bureaux des décideurs.

L’opportunité pour Benoo de présenter son projet et de convaincre par son approche aujourd’hui reconnue.

C’est ce qui s’est passé avec ETD au Togo, qui a emmené Benoo chez le directeur de la CEET (Compagnie d’énergie électrique du Togo), lequel a ensuite conduit le binôme jusqu’au ministère.

De la nécessité de comprendre l’environnement

Autre intérêt du tandem, la compréhension des “jeux d’acteurs” locaux. Car, confie Vincent Renaud, “nous devons produire l’effort de ‘déshabiller’ nos préjugés pour accéder à une analyse fine. C’est un préalable essentiel.”

Pour cela, la connaissance de l’ONG sur place permet de “démystifier” certaines mythologies. “Non, dans les villages que nous accompagnons au Togo ou au Burkina Faso, les chefs de village ne sont pas des potentats. On serait plutôt dans de l’orfèvrerie sociale, des mini-démocraties où les décisions se prennent en assemblée, avec des représentants des producteurs, des femmes, des jeunes, etc.”

Le modèle Benoo s’avère adaptable aux différentes réalités 

Par ailleurs, la structure de l’habitat est hétérogène. Dans les zones sahéliennes, les quartiers d’un même ensemble sont distants les uns des autres de quelques centaines de mètres et ne sont pas structurés autour d’un vieux bourg. Pour l’accès à l’énergie, la question se pose donc différemment dans ce contexte. Ainsi, la distribution spatiale des villages se révèle un facteur clé dans le choix des solutions techniques. Pour un village sahélien aux habitats dispersés, des kits en autoconsommation sont plus adaptés que le mini-réseau.

“Les perspectives sont prometteuses parce que le modèle Benoo s’avère adaptable à ces différentes réalités”, ajoute Vincent Renaud.

Et les acteurs institutionnels ?

Sans appui institutionnel, difficile aussi de mener un projet à bien. Pour entrer en contact, Benoo s’appuie bien sûr sur l’entrepreneur du développement, mais aussi parfois sur les autorités locales. Benoo discute aussi avec les collectivités et institutions françaises engagées dans la coopération en Afrique pour leur permettre de porter des projets énergies pertinents dans les territoires où elles interviennent.

Quelle est l’implication des institutions sur place ? “Souvent, les services de l’Etat sont compétents. Il existe aujourd’hui en général des autorités de l’énergie au niveau étatique. C’est important pour nous de bien repérer les capacités réelles à tous les niveaux, de saisir l’équilibre entre décentralisation et déconcentration”, souligne Vincent Renaud.

Bubacar Diallo
Fondateur et Président de Benoo Energies
Monsieur Bubacar DIALLO est diplômé de Sciences Po Bordeaux (2005) et du MBA “Management Responsable” d'Audencia Ecole de Management (2015). Il est spécialiste du financement du Commerce International depuis plus de 10 ans. Il a débuté sa carrière au sein de la Société Générale à la structuration d'opérations de financement international, il a ensuite dirigé le développement des produits de financement à destination des entreprises exportatrices et piloté l’animation commerciale des experts Commerce International PME de la Banque de détail. En rejoignant HSBC en 2011, il est devenu Chargé d'Affaires Commerce International, avant de prendre la responsabilité de l’équipe de Sales Commerce International en charge des clients corporate d'Ile de France. Il apporte à Benoo une connaissance des techniques de financement international, une connaissance des risques dans les pays émergents et une expertise en évaluation économique des projets.